C'est bien connu, le jardin de vivaces demande quelques soins pour paraître sous son meilleur jour. Vous devez choisir avec minutie chaque plante qui compose les plates-bandes en fonction de leur hauteur, de la couleur de leurs fleurs et de la texture de leur feuillage.

Ensuite, il faut évaluer chaque plante selon ses besoins en matière de sol et d'ensoleillement. Il faut aussi les fertiliser, diviser les sujets plus envahissants et finalement les tailler.

La taille s'effectue pour différentes raisons et à divers moments. C'est sans doute cela qui rend la taille des vivaces si compliquée. Chacune d'elles a son mode de croissance et il faut en tenir compte lors de la taille.

Commençons par le ménage du printemps
Par définition, une plante vivace est une plante herbacée dont les parties aériennes ne peuvent pas survivre à l'hiver. Par contre, les racines sont rustiques. Donc, chaque printemps, les vivaces naissent du sol, se développent et fleurissent.

La première taille est donc celle de nettoyage du printemps. À quelques exceptions près, toutes les vivaces sont rabattues au sol à l'aide du sécateur ou de la cisaille. Il faut procéder tôt au printemps, avant la sortie des nouvelles tiges.

Puis, ça pousse… un peu trop!
La taille peut aussi remplacer le tuteurage. Vrai! Certaines vivaces, parfois par manque de lumière ou par excès de fertilisation, développent des tiges hautes incapables de se supporter elles-mêmes. Résultat, elles s'affaissent en plein coeur de l'été, ce qui n'est guère joli.

Fini, les fleurs!
Lorsque la floraison est terminée, il est temps de sortir à nouveau le sécateur ou la cisaille. Sur plusieurs plantes vivaces, le fait de retirer les fleurs fanées encourage la sortie de nouvelles fleurs, ce qui prolonge la floraison.

Les fleurs sont aussi soustraites pour des raisons d'esthétisme. Un massif de grandes marguerites blanches perd de sa beauté lorsqu'il est parsemé de fleurs fanées brunâtres. Par contre, une fois nettoyé, il resplendit!

Il n'existe aucune règle d'or pour savoir où couper les fleurs fanées. Il faut observer chaque plante et connaître ses habitudes. Certaines plantes, comme les pieds-d'alouette et les hélénies, émettent une seconde floraison juste en dessous de la fleur principale. Pour cette raison, il faut limiter la taille afin de ne pas couper ces futures fleurs.

Cependant, il est possible de contrer ce problème en taillant les vivaces au début de l'été. Lorsque les pousses atteignent 15 à 25 cm de hauteur, l'extrémité des tiges est coupée avec une cisaille de quelques centimètres à peine.

Cela a pour effet de ralentir la croissance en hauteur et de forcer les plantes à développer des pousses latérales. Les plants deviennent alors plus ramifiés et moins hauts. Ainsi, ils deviennent capables de se tenir sans avoir recours au tuteurage. Autre avantage de cette taille, les plants plus ramifiés produisent plus de fleurs.

Bien sûr, cette pratique ne fonctionne pas sur toutes les plantes. Néanmoins, elle est particulièrement efficace sur les orpins d'automne (Sedum spectabile), les campanules, les chrysanthèmes d'automne, l'herbe aux chats (Nepeta sp.), les coréopsis et les asters.

Mais attention de ne pas effectuer cette taille trop tard en été! Cela annulerait son efficacité en plus de mettre en péril la floraison tant attendue.

À l'opposé, certaines plantes ne fleurissent qu'une seule fois, comme les iris et les heuchères. Il faut alors couper la tige florale le plus bas possible, jusqu'au feuillage.

D'autres vivaces, comme la campanule des Carpates ou le coréopsis 'Moonbeam', produisent sans arrêt des masses de petites fleurs. Il faut donc saisir un ralentissement dans la floraison pour couper toutes les fleurs fanées d'un coup, quitte à sacrifier les quelques fleurs à venir.

Cette taille permet de nettoyer et de faire plus de place à une seconde floraison généreuse. Sachez qu'il est difficile d'effectuer cette tâche avec le sécateur. La cisaille se révèle parfaite pour ces vivaces aux milliers de fleurs.

Enfin, il y a des vivaces qu'on ne souhaite pas voir monter en graines, car elles se ressèment avec facilité. Mentionnons par exemple l'anthémis, l'agastache et la mauve musquée (Malva moschata). Taillez les fleurs dès qu'elles commencent à perdre de leur éclat. N'attendez pas qu'elles soient complètement fanées, car il sera trop tard!

Tailler à l'automne… ou au printemps?
Lorsque les gels arrivent en octobre, les vivaces succombent. Vous pouvez alors les rabattre à 5 cm du sol, à l'exception toutefois des vivaces semi-ligneuses et des vivaces à feuillage persistant, comme les heuchères et les bergénies.

Le fait de tout rabattre à l'automne ou seulement au printemps demeure un choix personnel. Certains préfèrent laisser les tiges des vivaces en place à l'automne, car certaines d'entre elles offrent un intérêt ornemental durant l'automne et l'hiver.

De plus, les tiges entremêlées des vivaces agissent comme protection hivernale, permettant à la neige de s'accumuler et de ne pas être balayée par le vent. Et puisque le ménage sera de toute façon fait au printemps, pourquoi faire l'opération deux fois?

En contrepartie, ceux qui préfèrent tout couper à l'automne diront que cette taille réduit les possibilités de maladies. Il est vrai que certaines spores de maladies comme le blanc (oïdium) ou la rouille hivernent sur les tiges et le feuillage mort. C'est pourquoi le retrait à l'automne des tiges des vivaces sensibles à ces maladies diminue la quantité de spores laissées là. Par contre, elles hivernent également au sol. Donc, le fait de tailler les vivaces malades amenuise l'incidence des maladies, mais ne les élimine pas.

Également, la taille des vivaces se pratique en octobre en raison du temps disponible pour faire le ménage des plates-bandes. Il est vrai que le printemps s'avère une période fort occupée dans le jardin.

Ainsi, vous pouvez commencer à tailler les vivaces dès l'arrivée des premiers gels, et ce, jusqu'aux premières neiges. Cela correspond en général à la période de ratissage des feuilles d'arbres.

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