Accueil | Trucs | Psycho | Oui ou non: travailler pendant les études
Oui ou non: travailler pendant les études
/ 5

Oui ou non: travailler pendant les études

Texte: Annie Lavoie
Photo: Shutterstock

Alors que certains voient la chose d’un œil positif, d’autres croient que la conciliation travail-études ne peut qu’être nocive. Pour vous faire voir les deux côtés de la médaille, voici le témoignage de deux experts: Dre Nadia Gagnier, psychologue, et Jean-François Hogue, coordonnateur du Réseau des IRC.

OUI

Point de vue des experts

« Il n’y a pas de réponse simple à cette question, affirme Jean-François Hogue. Cela dépend du jeune. Plusieurs points doivent être considérés, comme l’âge, les résultats scolaires, la personnalité, la qualité de la relation parents-ado, les valeurs liées à l’école, etc.» Selon Dre Nadia, le rôle des parents est très important. «Si l’ado veut travailler pendant qu’il étudie, ses parents devraient établir avec lui ou elle un horaire avec des périodes non négociables réservées aux cours, à l’étude, aux sports, aux amis, aux repas et au sommeil.» L’autre point majeur soulevé par nos deux experts est le temps attribué au travail. Afin qu’il ne nuise pas au rendement scolaire, il ne devrait pas dépasser de 15 à 20 heures par semaine. Dans ce contexte, et si l’ado gère bien son stress, le cumul études-travail peut s’avérer très positif. «On remarque même que, chez certains ados, il y aurait moins de symptômes dépressifs. Peut-être à cause du sentiment d’utilité ou d’appartenance…», propose Dre Nadia. Dans la colonne des bénéfices, Jean-François Hogue, appuyé par une étude, cite le développement du sens de l’organisation et des responsabilités, la création de liens avec d’autres adultes signifi catifs, la valorisation, la reconnaissance, la discipline, une autonomie financière accrue, l’amélioration de l’estime personnelle ainsi qu’une transition plus harmonieuse vers le marché de l’emploi. «Quand une partie du salaire est utilisée pour certains frais liés aux études ou investie à plus long terme, ça peut initier à la gestion d’un budget. Ça permet d’apprendre à gérer plusieurs sphères de sa vie (travail, études, amis, loisirs)», conclut la psychologue.

NON

Point de vue des experts

Bien que plusieurs jeunes puissent tirer bénéfice du cumul études-travail, cette expérience n’est pas forcément recommandée à tous. «Il peut y avoir des différences individuelles dans la capacité à gérer son temps et à étudier. Par exemple, pour un jeune qui vit avec un déficit d’attention, travailler et étudier en même temps n’est peut-être pas la chose idéale.» «De là l’importance de bien connaître son enfant, son environnement et le contexte dans lequel il chemine à l’école.» Lorsqu’on lui demande quels sont les inconvénients potentiels liés à un déséquilibre du cumul études-travail, M. Hogue cite entre autres le manque d’énergie et de temps pour les études, une baisse de concentration, une augmentation des retards et des absences à l’école, une baisse de rendement, une augmentation du stress ainsi que le développement de mauvaises habitudes de vie (tabagisme, consommation d’alcool et de drogues, alimentation malsaine). «Les problèmes surviennent surtout lorsque l’ado travaille un trop grand nombre d’heures, souligne Dre Nadia. Les parents doivent rester vigilants. Ils doivent aviser leur enfant que si ses résultats scolaires en pâtissent, il devra diminuer le nombre d’heures qu’il consacre à son travail ou simplement le laisser tomber pour prioriser ses études.» La psychologue ajoute que le contexte de travail doit toujours être présenté comme une situation d’apprentissage et non comme une motivation à faire de plus en plus d’argent, et à aller de moins en moins à l’école. «Le plus grand danger, c’est que dans de mauvaises conditions, la conciliation études-travail entraîne un désengagement du jeune face à l’école, risquant même de le faire décrocher», conclut M. Hogue.



Vous aimerez peut-être également

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un *